Oui à la vidéosurveillance (ou vidéoprotection) !

janvier 22, 2010

Il est de ces sujets, où une prise de position s’impose et ce dans un laps de temps relativement réduit. C’est ainsi que le débat sur la vidéoprotection, à l’initiative de la ville,  a fait soudainement irruption à Wittenheim ; en prévision de l’installation de plusieurs caméras, dont les premières courant 2010. Hasard du calendrier, la Plate-forme industrielle de Courrier de Mulhouse est en train d’installer au sein de l’établissement quelques dizaines de caméras. Au sein d’une entreprise, la problématique est légèrement différente. L’exploitation des images ne peut se faire qu’à postériori et si nécessité (incidents divers). Pour en revenir au projet de la municipalité, il vise à se prémunir des dégradations et autres nuisances occasionnées, je cite par “des groupes de jeunes”. Mais pas seulement. L’outil permet également de constater des vols, de relever des faits de délinquance routière et surtout, de dissuader tout ce que je viens de mentionner. Le visualisation des images s’effectue au commissariat, en direct ou en différé, un fonctionnaire de police n’étant pas posté en permanence devant les écrans de contrôle. De nombreux garde-fous existent et l’enregistrement n’est possible que sous certaines conditions dont la principale est l’ouverture d’une procédure judiciaire. Le coût du dispositif est relativement élevé ; environ 150 000 euros par an pour les trois tranches (2010, 2011, 2012), les deux dernières étant conditionnelles car l’état des finances locales et surtout la participation du comité interministériel de la prévention de la délinquance, ne sont pas garantis par avance. Un volet insuffisamment évoqué lors de la réunion de présentation du projet : les retombées attendues. Ou plutôt, pour être honnête, le commandant de police a largement traité ce point, si bien que le maire du se contenter de compléter les propos tenus. Lutter contre les délinquances, diminuer les dégradations de matériel public, diminuer également les nuisances des riverains, voilà en gros les objectifs affichés. Par effet indirect, baisser l’enveloppe budgétaire consacrée aux remplacements/réparations d’équipements ou de mobiliers urbains communaux. Voilà une intention fort louable. Une autre dimension se doit d’être prise en compte. Elle l’a été plus ou moins. Pour faire court, la répartition spatiale des agissements divers. Installer des caméras à un endroit précis dissuade, certes, mais déplace une partie des problèmes. Il faut donc veiller à ne pas simplement couvrir une zone donnée via caméra mais aussi s’assurer humainement de la tranquilité publique dans de nombreux autres endroits susceptibles de recueillir les groupes en question. Les forces de police semblent avoir saisi l’enjeu et vont de facto pouvoir concentrer leurs effectifs sur les zones “non couvertes”. Seulement voilà, les effectifs en question sont en baisse. De 70 fonctionnaires il y a peu, on est désormais à 55. Pour une entité urbaine de près de 30 000 habitants (Wittenheim + Kingersheim). Cherchez l’erreur ! la solution, à mon avis, ne se fera pas en diminuant les postes et en compensant par l’usage des caméras. Ce serait catastrophique ! nous serons vigilants. Enfin, et pour brosser un panorama quasi-complet de la question, un débat éthique ou philosophique revient fréquemment sur ce sujet. Acceptons-nous d’être filmés en de nombreux coins de rue, avec l’éventualité d’une utilisation détournée des images ? Rappelant toutes les règles et autres contraintes existantes pour une utilisation des images (détruites au bout de 7 jours, faut-il le préciser), qui rendent caducs les soupçons,  je pense que oui! Nous acceptons, moi-y compris, d’afficher notre vie privée sur les réseaux sociaux type Facebook, ce qui constitue une forme d’exhibition ;  je trouverai donc hypocrite, dans ces conditions, de s’offusquer de la présence de caméras dont la finalité n’est autre que le mieux vivre ensemble !

Loïc MINERY


Le magot pour l’Ile de France, des miettes pour les abîmes !

octobre 26, 2009

A priori peu enclin à dénoncer à tout va le jacobinisme et la mainmise de Paris au détriment de la France des régions, je me vois dans l’obligation de désormais réviser mon jugement. Les derniers évènements ne peuvent que me conforter. Le projet du Grand Paris tout d’abord, initiative très intéressante,  mais focalisant l’attention et les investissements sur le “pôle d’attraction” parisien, risque de creuser le fossé entre la capitale au sens large et la mal-nommée province. Les projets d’envergure doivent aussi concerner des métropoles comme Lyon (qui s’émancipe), Lille ou encore Strasbourg. Or, ce que l’on remarque, c’est que ces agglomérations ont elle mêmes décidé de se doter des moyens et des infrastructures susceptibles de les faire entrer dans le grand bain des métropoles européennes. Avec plus ou moins de réussites. Lyon s’en sort relativement bien et aspire à rayonner sur le plan européen voire international. Marseille et Lille ont le potentiel mais peinent à s’affirmer. La métropole lilloise, située à la croisée des chemins, est aussi potentiellement un entre-deux, c’est à dire qu’elle risque de n’être plus qu’une halte dans la relation Paris-Bruxelles-Londres. Enfin Strasbourg, pour ne prendre que ce cas emblématique (on aurait pu parler de Toulouse, Bordeaux, Nantes), piétine. Sa vocation est européenne, ses ambitions sont grandes, mais jusqu’à présent la réalité est plus cruelle. L’ absence de rayonnement réellement européen et la problématique sans cesse ressassée de la desserte et des infrastructures inachevées, nous laissent sur notre faim. La politique régionale, censée impulser les dynamiques locales et donc celles des grandes villes, n’a absolument pas les moyens de ses ambitions. A quoi bon,  lorsque la “région capitale” produit 1/3 des richesses, soutenir le développement des 25  autres régions (c’est à demi-mot ce que disait Roger Karoutchi récemment). D’autant plus qu’avec la nouvelle réforme des collectivités territoriales, la clause de compétence générale devrait disparaître, et avec elle la capacité d’intervention ciblée, ponctuelle et novatrice de l’institution régionale. Mais nul doute que cela devrait épargner la future entité parisienne ! A suivre…


Un coeur de ville qui souffre, que faire ?

septembre 30, 2009

Le constat est largement partagé, le centre-ville de Mulhouse et donc le coeur de notre agglomération est en proie à des difficultés inédites. Impression paradoxale, car le renouvellement urbain est bien en marche dans cet hyper-centre. Oui, mais les difficultés actuelles relèvent d’une toute autre nature, à savoir le manque de chalands ou plus globalement de visiteurs. On touche donc à l’humain, au comportement et finalement à la sensibilité. Or, et c’est bien là le problème, cette sensibilité s’est accrue au regard de l’état du centre-ville : les friches commerciales sont nombreuses et désolantes, la propreté laisse toujours à désirer - et ce malgré le travail des agents municipaux - et l’impression de désordre règne toujours (problème d’accessibilité pour les piétons au niveau du pôle d’échange Porte-Jeune). Dans cette situation de crise, c’est toute l’agglomération qui doit batailler pour retrouver le coeur qui devrait être le sien, en l’occurence une locomotive. Une locomotive pour la périphérie et non l’inverse. La géographie spatiale fonctionne comme l’anatomie du corps humain : un coeur qui doit battre, alimenté par des artères. Et là aussi ça cloche, car les artères sont bouchées : le Tramway n’arrive pas encore dans l’agglomération (Wittenheim, Illzach en programmation puis à terme Riedisheim et Pfastatt) et donc les chalands de la “première couronne” hésitent avant de s’aventurer en véhicule personnel dans le dédale de la ville-centre. D’où l’intérêt d’accélérer la prolongation du réseau, n’en déplaise à certains. Ajoutons encore que lorsque le coeur est boudé, la périphérie bat son plein. Dans ces communes qui croulent sous les enseignes, un moratoire sur le nombre de surfaces commerciales n’aurait pas de sens. En revanche, une limitation de la surface totale maximale autorisée en aurait davantage. L’ensemble Kaligone + Pôle 430 adossé à un duopôle urbain de 30 000 habitants a atteint des proportions de l’ordre du méga et consacre la “bagnole reine”. Un rééquilibrage est donc nécessaire, pour que le centre ne devienne pas un ilôt de désolation, déconnecté (à l’instar des synapses-connecteurs…) de l’agglomération. Pour les réponses à apporter d’un point de vue sectoriel et relevant des décisions intra-muros, je préfère laisser le soin à d’autres de s’y coltiner !

Loïc MINERY


Adrien ZELLER s’est éteint : poursuivre tous ses combats est impératif !

août 24, 2009

Tout d’abord l’hommage qu’il faut rendre ; je me contenterai volontiers du peu que j’ai pu constater. Automne 2007, Mulhouse, grenelle de l’environnement et anecdote marquante : Adrien ZELLER est présent pour représenter la Région et apporter un regard de spécialiste sur des questions aussi essentielles que la préservation des ressources, les alternatives à la route, la préservation de la biodiversité. Et lorsqu’au cours du débat, l’animateur décide de lui céder la parole, le Président s’offre à son auditoire de la façon suivante : avachi dans son siège, tête incliné reposant sur sa main et les yeux fermés ! il somnole ni plus ni moins, ce qui provoque des éclats de rire à travers toute la salle. Avant de se ressaisir et de repartir de plus bel dans son plaidoyer pour l’environnement !

Plus récemment, printemps 2009 : lancement officiel du pôle de compétence Basse énergie à l’échelle de la CAMSA. Se succèdent, politiques, experts, chefs d’entreprises… .Vient le tour d’Adrien ZELLER : il déploie une énergie impressionnante pour décrire les préconisations qui sont les siennes pour faire de l’habitat  une plus-value écologique. Ses explications sur la filière bois (qu’il a brillamment su redresser), sur la nécesité d’une formation des apprentis et sur les retours sur investissement à espérer suite au déploiement d’une telle batterie de mesure, me font dire que nous avions là un Président entier car passionné, solide car compétent.

Tous ses combats devront être poursuivis ; et ce ne sera pas une mince affaire. Poursuivre les expérimentations menées sur l’usage des fonds européens, continuer d’oeuvrer pour que notre région reste pionnière en matière de développement durable, politique ferroviaire exigente, l’économie de la connaissance, des pôles universitaires à vocation internationale… . Autant de chapîtres à approfondir. Pour cela, il ne faudra jamais oublier qu’ils furent entamés par un esprit visionnaire, un citoyen alsacien, européen et avant tout un citoyen du monde qui a choisi d’oeuvrer pour le bien des autres.

Loïc MINERY


Transports et intermodalité : deux cas de figure

juillet 13, 2009

Aujourd’hui la structuration de nos territoires par les réseaux de transports est importante. Et les deux vont souvent de pair. Sauf qu’en France, on a tendance (on a eu, espérons que les choses changeront) à tout d’abord, construire, puis dans un second temps, à desservir. Nos voisins allemands pratiquent autant que faire se peut l’inverse (voir également la réflexion historique concernant le cas de Los Angeles dans “Los Angeles, le mythe américain inachevé”, chap. 3, pp. 115 à 143, Cynthia Ghorra-Gobin, CNRS PLUS, 2002).

Paris-Orly, second aéroport français et bien classé à l’échelle européenne avec 27 millions de passagers/ an, m’inspire les réflexions suivantes. Il s’agit d’une infrastructure de tout premier ordre (même si ce n’est pas Roissy CDG), deux terminaux (sud et ouest), des vols domestiques et internationaux… .Bref, un gisement d’emplois non négligeable pour cette porte d’entrée de Paris et sa banlieue. Néanmoins, un aspect majeur m’apparut comme négligé : je veux parler des liaisons intermodales prévues pour relier l’infrastructure aux différents bassins de vie et d’emploi. Car l’apparence brouillonne qui se dégage à la sortie du terminal ouest n’est pas qu’illusion. Impossible de trouver un RER directement sur place ! les ruptures de charges s’imposent. Des navettes-bus proposent en revanche de rejoindre la station (peu soignée) Pont de Rungis permettant de relier la capitale en un peu plus de 30 mn. Sinon des cars vous embarquent pour cette même destination, en trajet direct, mais à un prix exhorbitant. Et il y a ce fameux Orly-Val, relativement onéreux et davantage gadget que réellement lien entre deux points. Orly pourrait donc symboliser le “syndrome” (même si le mot est peu fort, j’en conviens) français en la matière : un constat d’inachevé dans les réalisations, qui ne concourt pas à l’efficience - au sens large - de la mise en réseau des territoires.

Autre exemple, émanant également du vécu et de l’expérimenté, le pôle intermodal de Lille Métropôle, plutôt une réussite. Même si les abords de ce grand site d’échange laissent à désirer et auraient besoin d’un lifting (toujours moyen de râler). Les TGV, l’ Eurostar, le Thalys s’y croisent à des fréquences relativement élevées. Et ce à deux pas du centre-ville. D’ailleurs, le rdv de la grande vitesse a été consolidé par la construction d’un pôle d’affaires (hôtels, bureaux…).

Vous me direz, on est relativement loin de notre Sud Alsace ou Alsace du Sud… .Pas tout à fait : car ces deux problématiques sont aisément transposables à notre territoire. Et ce n’est évidemment pas un hasard de les avoir explicitées. Le pôle Gare de Mulhouse et la desserte ferroviaire de l’Euroairport méritent le même type de réflexion mais pas forcément le même traitement. En tout cas, il s’agit selon moi, de deux enjeux majeurs pour l’avenir de notre région et de notre territoire : réussir un pôle d’échange ferroviaire majeur, engendrant dynamisme économique et desserir ‘un aéroport dont le développement futur laisse confiant. 

Pourvu que les différents acteurs de ce territoire en prennent davantage conscience !


L’industrie en Sud Alsace, c’est vital !

juin 25, 2009

L’histoire de Mulhouse et de sa région est intimement liée à l’épopée et au déclin de l’industrie. Aujoud’hui encore, ce secteur de l’économie, au fil des restructurations, transformations et autres reconversions, demeure majeur pour le dynamisme de nos territoires. J’en ai eu la preuve hier, décisive je crois, à l’occasion de visites d’entreprises. Deux entreprises bien différentes. La première, WEHR, appartenant à St-Gobain et spécialisée dans la fenêtre ou la porte d’entrée essentiellement. Localisée à Lutterbach, employant une quinzaine de personnes à la production (sur la ligne de production), pléthore de commerciaux, comptables…, elle se distingue en raison de sa certification (au même titre que Tryba, entreprise locale également), qui l’oblige à un assemblage de qualité. Concernant l’organisation du travail, le chef d’atelier doit jongler entre impératif de productivité et bien-être du personnel. Les postes de travail sont automatisés ou non ; la mécanisation soulage le physique des employés mais présente tout de même des défauts, la machine n’en faisant quelques fois qu’à sa tête… . Chaque ouvrier doit veiller à la bonne exécution de sa tâche tout en étant capable d’intervenir sur un autre poste. La polyvalence, si elle n’est pas aboutie, n’en demeure pas moins un idéal. Le travail en équipe et la solidarité prennent ici tout leur sens.  Et chose non négligeable, les employés doivent, outre faire preuve de réactivité,  savoir de servir de leurs mains dans n’importe quelle situation. Enfin, il nous avouera que le relationnel a néanmoins profondément changé depuis l’achat par Saint-Gobain, les décideurs n’étant plus dans les bureaux d’à côté, mais à Paris.  

Changement de décors total : nous voici désormais sur le site de PSA Peugeot-Citroen à Mulhouse-Sausheim. L’accueil et le discours sont convenus : les relations extérieures sont à l’oeuvre. Je suis perplexe. La visite débute enfin. Nous arpentons les entrailles du plus gros employeur de la Région. Ferrage, Peinture, Montage, les ateliers se succèdent. Les composants, aussi. Ici la mécanisation est à outrance : bras articulés, basculeurs, soudeurs automatiques… . Les rythmes sont intenses et calculés. Autre aspect majeur, la logistique est ici une affaire d’experts : route, rail, pour les relations intérieur/extérieur ;  magasin de rangement, fenwick, “petit train” pour la circulation et la répartition des pièces, modules à monter. Là aussi, le chronomètre est roi. Les employés ont difficilement le temps de souffler : la répétition des gestes, des procédures, comme nos amis les robots… . Or l’entreprise tourne : 10 000 employés, 1400 véhicules/ jour contre 800 en décembre. Les arrêts de production ne sont plus d’actualité, on récupère désormais les jours en travaillant le samedi. En revanche, il faut le reconnaître, cette entreprise joue un rôle social de tout premier plan : 45 000 haut-rhinois sont plus ou moins influencés par les activités de Peugeot Mulhouse. Son maintien est essentiel, vital. Tout comme un approfondissement de la diversification des activités doit être un impératif pour notre territoire. Les PME doivent atteindre une taille-critique, et surout être soutenues bien davantage qu’elle ne le sont aujourd’hui. Elle sont nos poumons économiques. Ne l’oublions pas.

Loïc MINERY


Persévérons !

juin 11, 2009

D’ordinaire peu habitué et peu enclin à commenter les évènements à chaud, je ne m’y risquerai pas cette fois-ci non plus. Je préfère me projetter dans l’avenir, que j’espère prospère et réparateur. Les résultats des élections européennes sont sans appel et me donnent l’occasion de formuler quelques pistes de réflexion. Tout d’abord, les résultats obtenus, à savoir 8,5%, devront constituer très rapidement une base électorale consolidée. Autrement dit, un socle ou un seuil en dessous duquel nous pourrions parler de contre-performance. A commencer par les prochaines élections régionales de mars 2010. Avant cela, et cette dimension a été largement relayée dans vos différents posts, la priorité est de redéfinir ou plutôt clarifier notre état d’esprit/notre philosophie. Il ne s’agit pas seulement d’affirmer que nous sommes porteurs d’un projet de société humaniste, démocrate et durable, il faut le prouver. L’université de rentrée devrait permettre d’étayer et d’abonder en ce sens. C’est, selon moi, la condition sinequanone pour être identifié, par les français,  comme le recours ou l’alternative la plus crédible. Or cette aspiration a, depuis dimanche, du plomb dans l’aile. D’autre part, il nous faut poursuivre le travail de terrain engagé lors de ces élections européennes. Le soufflé, même insuffisamment gonflé, ne doit pas retomber. Nous connaissons l’importance de la constitution de réseaux, qui permettent d’accentuer le maillage de nos territoires. L’échelle régionale est particulièrement pertinente pour ce type d’action. Les résultats de demain dépendront, en partie, de notre capacité à mobiliser. Je fais, par ailleurs, partie de ceux qui pensent que les résultats des dernières européennes impacteront à la marge les chiffres que nous réaliserons lors des régionales et autres élections locales, intermédiaires ou non. En revanche, il nous faut également faire émerger de nouvelles personnalités, représentatives de la diversité et de la richesse de notre mouvement et de notre pays. En cela, l’initiative de Corinne LEPAGE, qui revendique davantage de collégialité et de représentativité, recueille mon approbation toute entière. C’est la direction qu’il faut suivre, j’en suis persuadé. Les dynamiques locales doivent être encouragées et soutenues. Je serai attentif aux évolutions de notre mouvement et de notre gouvernance. L’ambition devra se conjuguer avec l’exigeance d’une concertation de tous les instants. J’en suis persuadé.

Loïc MINERY 


Réponse à Florian BRUNNER, Bougeons les lignes (Colmar)

mai 22, 2009
http://jeunescolmariens.over-blog.com/article-31202743.html
Très bonne synthèse effectivement !
Je reste néanmoins dubitatif sur les “angles d’attaque” préconisés dans ce billet et qui selon toi contribueront à l’épanouissement d’un humanisme européen (approche institutionnelle, gouvernance économique, partenariats stratégiques et défense…).
Une question est éludée : existe t’il une identité européenne ? Se sent-on réellement européen ? Il faut, à mon humble avis, partir de ce dilemme pour apporter les réponses aux lacunes constatées en matière de construction européenne (une Europe politique et non plus philosophique).
Je suis également convaincu que c’est en changeant le fonctionnement des institutions, ce que nous permettra en partie le traité de Lisbonne, que l’Europe gagnera en visibilité et crédibilité.
Pour en revenir à la notion d’identité européenne, je pense que la devise tant ressassée “Unis dans la diversité” (et non “Unie dans la diversité”, comme j’ai pu le voir lors d’un débat) peut être interprétée comme la volonté qu’à partir du socle européen l’on puisse reconnaître sa propre identité nationale en tant que composante véritable et à part entière de l’ensemble européen. Autrement dit et en étant moins savant : se sentir et s’assumer français, c’est ETRE européen !
Voilà, à mon sens, la dimension clé qui manque aujourd’hui à l’Europe ; tu me diras que le principe de reconnaissance des identités nationales et régionales fait partie intégrante de l’idéal européen (en outre reconnus dans des traités et autres chartes…) ; je te répondrai en effet, mais quels résultats, au regard du peu d’empathie des européens vis-à-vis de cette question. Le problème tient, toujours d’après moi, à une inégalité de départ, de situation entre européens : l’absence d’harmonisation sociale et fiscale ! Nous avons préféré nous attaquer aux politiques d’échanges commerciaux, de concurrence, de monnaie et concernant l’agriculture. En un mot, une Europe du marché avant une Europe de la solidarité, du droit du travail, des prélèvements fiscaux… .Or en situation de crise, un tel manque s’avère très préjudiciable. L’Europe doit être le socle de référence pour tous ces domaines.
 
Bref, je pourrais être encore plus long…
 
A bientôt pour échanger
Loïc MINERY

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