Transports et intermodalité : deux cas de figure
Aujourd’hui la structuration de nos territoires par les réseaux de transports est importante. Et les deux vont souvent de pair. Sauf qu’en France, on a tendance (on a eu, espérons que les choses changeront) à tout d’abord, construire, puis dans un second temps, à desservir. Nos voisins allemands pratiquent autant que faire se peut l’inverse (voir également la réflexion historique concernant le cas de Los Angeles dans “Los Angeles, le mythe américain inachevé”, chap. 3, pp. 115 à 143, Cynthia Ghorra-Gobin, CNRS PLUS, 2002).
Paris-Orly, second aéroport français et bien classé à l’échelle européenne avec 27 millions de passagers/ an, m’inspire les réflexions suivantes. Il s’agit d’une infrastructure de tout premier ordre (même si ce n’est pas Roissy CDG), deux terminaux (sud et ouest), des vols domestiques et internationaux… .Bref, un gisement d’emplois non négligeable pour cette porte d’entrée de Paris et sa banlieue. Néanmoins, un aspect majeur m’apparut comme négligé : je veux parler des liaisons intermodales prévues pour relier l’infrastructure aux différents bassins de vie et d’emploi. Car l’apparence brouillonne qui se dégage à la sortie du terminal ouest n’est pas qu’illusion. Impossible de trouver un RER directement sur place ! les ruptures de charges s’imposent. Des navettes-bus proposent en revanche de rejoindre la station (peu soignée) Pont de Rungis permettant de relier la capitale en un peu plus de 30 mn. Sinon des cars vous embarquent pour cette même destination, en trajet direct, mais à un prix exhorbitant. Et il y a ce fameux Orly-Val, relativement onéreux et davantage gadget que réellement lien entre deux points. Orly pourrait donc symboliser le “syndrome” (même si le mot est peu fort, j’en conviens) français en la matière : un constat d’inachevé dans les réalisations, qui ne concourt pas à l’efficience - au sens large - de la mise en réseau des territoires.
Autre exemple, émanant également du vécu et de l’expérimenté, le pôle intermodal de Lille Métropôle, plutôt une réussite. Même si les abords de ce grand site d’échange laissent à désirer et auraient besoin d’un lifting (toujours moyen de râler). Les TGV, l’ Eurostar, le Thalys s’y croisent à des fréquences relativement élevées. Et ce à deux pas du centre-ville. D’ailleurs, le rdv de la grande vitesse a été consolidé par la construction d’un pôle d’affaires (hôtels, bureaux…).
Vous me direz, on est relativement loin de notre Sud Alsace ou Alsace du Sud… .Pas tout à fait : car ces deux problématiques sont aisément transposables à notre territoire. Et ce n’est évidemment pas un hasard de les avoir explicitées. Le pôle Gare de Mulhouse et la desserte ferroviaire de l’Euroairport méritent le même type de réflexion mais pas forcément le même traitement. En tout cas, il s’agit selon moi, de deux enjeux majeurs pour l’avenir de notre région et de notre territoire : réussir un pôle d’échange ferroviaire majeur, engendrant dynamisme économique et desserir ‘un aéroport dont le développement futur laisse confiant.
Pourvu que les différents acteurs de ce territoire en prennent davantage conscience !