Oui à la vidéosurveillance (ou vidéoprotection) !

Il est de ces sujets, où une prise de position s’impose et ce dans un laps de temps relativement réduit. C’est ainsi que le débat sur la vidéoprotection, à l’initiative de la ville,  a fait soudainement irruption à Wittenheim ; en prévision de l’installation de plusieurs caméras, dont les premières courant 2010. Hasard du calendrier, la Plate-forme industrielle de Courrier de Mulhouse est en train d’installer au sein de l’établissement quelques dizaines de caméras. Au sein d’une entreprise, la problématique est légèrement différente. L’exploitation des images ne peut se faire qu’à postériori et si nécessité (incidents divers). Pour en revenir au projet de la municipalité, il vise à se prémunir des dégradations et autres nuisances occasionnées, je cite par “des groupes de jeunes”. Mais pas seulement. L’outil permet également de constater des vols, de relever des faits de délinquance routière et surtout, de dissuader tout ce que je viens de mentionner. Le visualisation des images s’effectue au commissariat, en direct ou en différé, un fonctionnaire de police n’étant pas posté en permanence devant les écrans de contrôle. De nombreux garde-fous existent et l’enregistrement n’est possible que sous certaines conditions dont la principale est l’ouverture d’une procédure judiciaire. Le coût du dispositif est relativement élevé ; environ 150 000 euros par an pour les trois tranches (2010, 2011, 2012), les deux dernières étant conditionnelles car l’état des finances locales et surtout la participation du comité interministériel de la prévention de la délinquance, ne sont pas garantis par avance. Un volet insuffisamment évoqué lors de la réunion de présentation du projet : les retombées attendues. Ou plutôt, pour être honnête, le commandant de police a largement traité ce point, si bien que le maire du se contenter de compléter les propos tenus. Lutter contre les délinquances, diminuer les dégradations de matériel public, diminuer également les nuisances des riverains, voilà en gros les objectifs affichés. Par effet indirect, baisser l’enveloppe budgétaire consacrée aux remplacements/réparations d’équipements ou de mobiliers urbains communaux. Voilà une intention fort louable. Une autre dimension se doit d’être prise en compte. Elle l’a été plus ou moins. Pour faire court, la répartition spatiale des agissements divers. Installer des caméras à un endroit précis dissuade, certes, mais déplace une partie des problèmes. Il faut donc veiller à ne pas simplement couvrir une zone donnée via caméra mais aussi s’assurer humainement de la tranquilité publique dans de nombreux autres endroits susceptibles de recueillir les groupes en question. Les forces de police semblent avoir saisi l’enjeu et vont de facto pouvoir concentrer leurs effectifs sur les zones “non couvertes”. Seulement voilà, les effectifs en question sont en baisse. De 70 fonctionnaires il y a peu, on est désormais à 55. Pour une entité urbaine de près de 30 000 habitants (Wittenheim + Kingersheim). Cherchez l’erreur ! la solution, à mon avis, ne se fera pas en diminuant les postes et en compensant par l’usage des caméras. Ce serait catastrophique ! nous serons vigilants. Enfin, et pour brosser un panorama quasi-complet de la question, un débat éthique ou philosophique revient fréquemment sur ce sujet. Acceptons-nous d’être filmés en de nombreux coins de rue, avec l’éventualité d’une utilisation détournée des images ? Rappelant toutes les règles et autres contraintes existantes pour une utilisation des images (détruites au bout de 7 jours, faut-il le préciser), qui rendent caducs les soupçons,  je pense que oui! Nous acceptons, moi-y compris, d’afficher notre vie privée sur les réseaux sociaux type Facebook, ce qui constitue une forme d’exhibition ;  je trouverai donc hypocrite, dans ces conditions, de s’offusquer de la présence de caméras dont la finalité n’est autre que le mieux vivre ensemble !

Loïc MINERY



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